De Geoffroi Grisegonelle à Pierre Abélard:

Le donjon et les seigneurs du Pallet au regard de l'histoire de leur époque

© 3/2006

Avertissement

La traduction ci-dessous a été élaborée à partir des traductions produites par les logiciels automatiques «  Reverso » et « Systrans ». Le mot à mot de ces deux logiciels, le plus souvent obscur, a été laborieusement confronté et retravaillé au mieux, sans retourner, et pour cause, au texte allemand. On a essayé de donner un sens aux mots non traduits, inconnus du dictionnaire, forgés par l’auteur. On a été conduit parfois à paraphraser ou à imaginer un sens en fonction du contexte. Aucune garantie d’absence d’erreur ou de contresens grave ne peut être donnée. Ces erreurs et contresens sont presque inévitables. Le lecteur jugera si le risque méritait d’être pris, faute d’un traducteur compétent germanophone. On peut toutefois penser que l’allure générale du texte reste fidèle à l’original ! Les réserves ci-dessus ne concernent pas la traduction des deux parties suivantes « table des matières » page 3-4 et « liste des sources » page 5 ainsi que la correction du « résumé » page 8 à 11. Ces traductions et corrections sont de madame Jean Bosseau, Le Pallet.

Vallet, 31 janvier 2006, Henri Demangeau

Merci, Henri, pour ce travail de grande qualité! Werner

 

Présentation

Jusqu’ici, Le Pallet a été considéré comme une insignifiante bourgade du sud de la Bretagne, et rien d’autre que le lieu de naissance de Pierre Abélard. Ce point de vue doit changer. 

Le donjon du Pallet dans l’ombre duquel est né Pierre Abélard est une pièce remarquable sur le plan historique et architectural. Les ruines de ce donjon qui ont été dégagées récemment du maquis d’épines qui les envahissait sont de nouveau accessibles. Dans tout l’ouest de la France, c’est non seulement le plus grand donjon carré roman mais aussi le plus ancien avec une date d’édification qui remonte à 984. Cette tour qui date de plusieurs décades avant la naissance d’Abélard ne faisait pas partie de la Bretagne mais du domaine de la puissance angevine. Son constructeur n’est autre que le légendaire comte d’Anjou Geoffroi Grisegonelle. Simultanément Geoffroi Grisegonelle restaurait et aménageait en Bourgogne le monastère de St-Marcel-lès-Chalon où Abélard serait plus tard enterré. 

L’historiographie traditionnelle ne dispose pour l’histoire du Pallet que d’un ensemble de documents peu nombreux et insuffisants. Mais au moyen d’indices et de correspondances on peut avoir recours à d’autres sources. C’est ce que fait le document ci-joint au format A4 de 415 pages. Il constitue une version provisoire d’un « livre électronique » qui peut être téléchargé gratuitement par toute personne intéressée. Il a pour titre :

De Geoffroi Grisegonelle à Pierre Abélard - Le donjon et les seigneurs du Pallet au regard de l’histoire de leur époque.

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Table des matières

Préambule
 
Introduction
 
1ier partie : Recherche des traces
 
La butte du donjon du Pallet aujourd’hui
L’évidence architecturale
L’évidence documentaire
Une hypothèse de datation
L’évidence physique
Palatium – l’énigme d’un nom
Les « contretemps » du Palatium du Pallet
Petrus episcopus de Palatio
 
 
2ième partie : Le Pallet et le pays nantais au sud de la Loire – du début jusqu’au Haut - Moyen Age
 
De l’âge de pierre jusqu’à l’époque gallo-romaine
Le temps des Wisigoths
L’évêque Félix de Nantes et la mission de Saint Martin de Vertou
Des Mérovingiens aux Carolingiens
Le combat pour Nantes et l’exode des moines de Vertou
Le temps des rois bretons
La destruction du Pallet par les Normands
La « libération de la Bretagne » par Alain Barbe-Torte
Le pays nantais sous Foulques le bon
 
Geoffroi Grisegonelle et son combat à l’ouest
La naissance de l’oppidum du Pallet
La signification stratégique et politique de la tour du Pallet
Les réflexions principales autour de la construction d’une place forte du 10ième siècle
Le prieuré Saint Etienne et le premier donjon du Pallet
Renaud de Thorigné et la politique hégémonique de l’Anjou
Renaud de Thorigné et Saint Martin de Vertou
Questions ouvertes à propos du premier donjon du Pallet
L’enrichissement des Mauges sous Geoffroi Grisegonelle
Les seigneurs de Beaupréau
La forteresse de Petit-Montrevault
Des Mauges occidentales jusqu’au Pallet
L’oppidum du Pallet et son enceinte
La vie dans un oppidum médieval
 
Le pays nantais entre Geoffroi Grisegonelle et Foulques Nerra
Le Pallet et la nouvelle stratégie de Foulques Nerra
La rupture avec le clan Rainaldi
Rancune contre Foulques Nerra dans les Miracula Sancti Martini Vertavensis
L’évêque Gautier de Nantes et le parti de Rennes
La suite du développement  d’Anjou
Troubles dans l’ouest d’Anjou
Le tournant: les dernières années sous Foulques Nerra
Les années de 1040 à 1060
La montée de la maison de Cornouaille
La crise de succession en Anjou
La révolte de Foulques le Normand du Petit-Montrevault
Le comté d’Anjou et le royaume de Bretagne jusqu’en 1084
La restauration des anciens droits de Saint-Serge et de Saint-Bach
 
Pierre Abélard – la naissance d’un génie du Moyen Age
L’alliance entre Angevins et Bretons : Alain Fergent et Ermengarde d’Anjou
L’enfance et l’adolescence de Pierre Abélard au Pallet
Les dernières années de Daniel de Palatio
La naissance des Marches
La conversion de Lucie, mère d’Abélard
Un seigneur du Pallet nommé Hervé
Foulques V d’Anjou et Conan III de Bretagne
Retour au pays pour Pierre Abélard et Héloïse au Pallet
Renaissance du vignoble du Pallet
Mein de Palatio – le dernier de la maison du Pallet ?
 
La crise de succession de Nantes et l’arrivée des Plantagenêt
La chute de la première maison du Pallet
Les assises du duc Geoffroi et leurs conséquences
La Bretagne aux mains des Capétiens
Le rebelle Thibaud Crispinus de Champtoceaux
Le Duc régent Pierre I de Dreux
Intérim sous Yolande de Bretagne : Le Pallet et le vice comté de Rezé
Les Templiers et les Hospitaliers au Pallet
La famille Souvain
La nouvelle crise de succession aux 14ième et 15ième siècles
Le vilain tour de Marguerite de Clisson
La destruction du donjon du Pallet
Perspective: Le Pallet jusqu’ à la Révolution française
 
Résumé
 
Epilogue 
 
Chronologie
 
[Voir plus loin la traduction!]

Liste des sources
 
Les actes du concile d’Agde
Le diplôme de Charles le Chauve en 862
Pancarte de Louis VI en 1123
La donation de Tescelin de Grand-Montrevault
La donation d’Hubert Borellus
La confirmation de duc Alain IV Fergent, concernant une donation de son père Hoël
La donation de Daniel de Palatio au couvent de Marmoutiers
La donation de Hamo à Saint Florent
La donation de Daniel de Palatio à Saint Serge et à Saint Bach près d’Angers
La donation de Guido de Saint-Quentin au couvent Saint Serge et Saint Bach!
Lettre de condoléances de Foulques de Deuil, adressée à Pierre Abélard
Extraits de Dialectica de Pierre Abélard
Document historique du couvent Notre-Dame du Ronceray à Angers en 1128/29
L’avis du Conan III sur le vignoble du Pallet
Extraits de Histoire de mes malheurs d’Abélard
Chirographie pour Saint Sulpice la Forêt près de Rennes
Chronique de Richard de Poitiers – extrait
La charte sur le fils d’Abélard, Astrolabe
Obituaire du Paraclet – extraits
Jean de Salisbury – metalogicon
La bulle du pape Alexandre III en 1179
Document du sénéchal Brient Maillart sur quelques fiefs de Rezé
Titre du couvent de Marmoutiers pour le prieuré de Lamballe
La donation à l’abbaye de Villeneuve, à l’occasion de la mort de Yolande de Dreux
La transformation du bail en rachat, favorisant le seigneur du Pallet
Le contrat de Maurice Maignen avec le seigneur du Pallet Pierre Souvain
Pouillés du diocèse de Nantes
Le registre de pension du couvent Saint-Jouin-de-Marnes en 1579
Pouillé général de 1641/1648
Rapport de l’archidiacre Binet
Bénéfices de l’abbaye Saint-Jouin-de-Marnes
Abbé J.-J. Expilly : Le pays nantais et le diocèse de Nantes
Notice de M. Verger sur Le Pallet
Rapport de l’architecte des monuments historiques, M Nau, en 1851
 

Extraits du livre electronique

Préambule
 
[Livre électronique p. 3-4] 
 
D’abord une vague impression …
 
Pendant l’été 2003, sous la conduite compétente de Françoise et Guy Demangeau, de l’Association Culturelle Pierre Abélard du Pallet, j’ai visité les restes du donjon. A partir de ce moment là ma pensée n’a pas pu s’en détacher. Pourtant, il ne s’agissait pas, grand Dieu, d’une construction atteignant le ciel ! Toutefois le quadrilatère de maçonnerie en ruine qu’on avait libéré de la végétation de verdure accumulée par les siècles dégageait une impression « monumentale ». Depuis des siècles le monument était là, grièvement blessé, guère apte à fasciner les passants, mais néanmoins pur dans sa substance, sans modifications postérieures, dans l’état dans lequel il était sorti de l’esprit de son constructeur. Ainsi, pour mon imagination il se dressait à nouveau devant moi, dans sa simplicité même mais aussi dans sa masse énorme.

Il était  vieux … sans doute très vieux !

Qui donc pouvait avoir construit ce donjon ? Celui-ci avait-il, par exemple, une relation avec le nom médiéval de « Palatium », Palais donné à la localité ?
 
Mes premières études m’avaient amené à me pencher sur Pierre Abélard, philosophe et théologien, qui avait vu le jour au Pallet en 1079. J’avais consacré plusieurs années à faire des recherches sur sa biographie. Mais désormais il ne s’agissait plus de savoir seulement dans quel lieu il était né, il fallait faire l’histoire globale du Pallet, depuis le début.
 
Plus les chroniques et les annales étaient muettes devant les questions qui se posaient, plus je brûlais d’envie de savoir. Les siècles précédents ne nous ont laissé pour cette période qu’une poignée de documents où l’on trouve cité le nom du Pallet. La faiblesse de la documentation sur le lieu est en flagrante contradiction avec l’importance des vestiges architecturaux. Le Pallet, vieille localité, est situé à l’interface de trois zones politiques : l’Anjou, le Poitou et la Bretagne. Quel extraordinaire et malheureux destin a pu l’empêcher de sortir de l’obscurité de l’histoire ?
 
Est-ce volontairement que les chroniqueurs ont passé sous silence l’histoire du château et des seigneurs du Pallet ?
 
L’étude qui suit est le fruit d’une longue recherche qu’il a fallu faire à plus de mille kilomètres de distance. Elle n’a été possible que parce qu’elle a eu, sur place, le soutien d’amis qui me sont chers : Françoise et Guy, Marinette et Henri ainsi que Monsieur et Madame Roucou. Qu’ils soient ici cordialement remerciés.
 
Mon propos a donc dès lors consisté à dessiner une image historique en combinant des détails topographiques, architecturaux, prosopographiques et onomastiques. Parce que les sources documentaires propres au Pallet sont peu productives, il faut projeter les faits, qui sont assez connus de l’historiographie interrégionale, sur le lieu Le Pallet lui-même, ainsi qu’à la fin, on peut gagner une image plus nette de l’histoire locale. Peut-être qu’on peut,  par la même méthode, réussir à trouver une réponse plausible aux questions posées au début. Au moins, le lecteur intéressé aurait acquérir une perspective approfondie sur la vie dans les temps passés, qui  dépasse le cadre de l’historiographie encyclopédiste.
  
On ne doit pas oublier qu’il s’agit là d’une méthode qui donne des indices et des directions avec tout son cortège d’incertitudes. En raison du manque accablant de sources primaires solides et fermes j’ai dû fréquemment me résoudre à prendre position sur des faits historiques qui m’apparaissaient importants. Je voudrais souligner expressément la chose suivante : On ne peut pas exclure qu’à l’avenir des sources et des informations nouvelles se révèlent et obligent à modifier cette reconstruction historique. Indépendamment de cela je suis convaincu que les résultats élaborés méritaient qu’on en  prenne le risque. En définitive on peut considérer comme établi que le donjon du Pallet est un exemplaire unique, ainsi à l’égard de son histoire qu’à l’égard de l’architecture qui est sans équivalent dans la France, et qu’il faut modifier ou adapter les idées convenues sur les deux en quelques points importants.
 
Partons en voyage dans le passé ! 
 
Introduction
 
[Livre électronique p. 5]

Ego igitur, oppido quodam oriundus quod in ingressu minoris britannie constructum, ab urbe Namnetica versus orientem octo credo miliariis remotum, proprio vocabulo Palatium appellatur, sicut natura terre mee vel generis animo levis, ita et ingenio extiti et ad litteratoriam disciplinam facilis.
 
Abélard, Historia calamitatum, J. Monfrin, Vrin Paris 1978, p. 63
 
Quant à moi, je suis originaire d’une place forte construite à l’entrée de la (petite) Bretagne, à huit milles, je crois, à l’est de Nantes. Son nom précis est « Le Palais ». S’il est vrai que je dois naturellement à ma terre natale comme à mes ancêtres d’avoir fait preuve d’un caractère vif, je leur dois aussi d’avoir montré une intelligence capable d’aller vers les disciplines littéraires avec beaucoup de facilité.

C’est par ces mots que commence « l’histoire de mes malheurs » du philosophe et théologien Pierre Abélard. La vie de ce personnage (1079-1142) m’a déjà occupé un certain temps. Son autobiographie, mise à part la situation dramatique qu’elle décrit, l’a rendu célèbre après sa mort dans l’histoire de la littérature et dans l’histoire de la vie intellectuelle surtout à cause des sentiments ci-exprimés. Quand il a écrit ces phrases Abélard n’était pas très éloigné du Pallet. Au cours des années 1130/1133, période pendant laquelle il a rédigé ce texte, il se trouvait à une distance d’environ 130 kilomètres plus au nord, en Bretagne, à Saint-Gildas de Rhuys. Ce lieu représentait pour l’intellectuel philosophe un pays très différent de son pays natal, en raison de la langue qui lui était étrangère et d’une population mal dégrossie. Il semble que pour Pierre Abélard il existait un monde entre Saint Gildas et Le Pallet. Il se sentait redevable à sa terre natale non seulement de ses capacités intellectuelles et de son talent scientifique mais aussi de son « animus levis », c'est-à-dire de ce trait de caractère qui lui a valu tout au long de sa vie, malgré toute sa compétence professionnelle, une forte et rude hostilité. Cette notion d’ «animus levis », ce trait de caractère aux multiples facettes est difficile à rendre dans une traduction en allemand. A côté d’une certaine liberté et légèreté d’esprit il faut joindre aussi in tempérament capable de colère et d’enthousiasme, une volonté d’organiser sa vie de manière non-conformiste et indépendante. Cette ambivalence, génie intellectuel et tempérament généreux, se retrouvent à l’évidence dans son autobiographie: la gloire et la malédiction, le péché et le salut, tout cela, selon Abélard, lui vient comme un héritage exceptionnel de la terre de ses ancêtres. Je suis né comme cela, grâce à Dieu, semble-t-il dire, je ne peux pas être différent.
 
Les phrases presque millénaires de Pierre Abélard sont un témoignage de poids et fournissent une raison de visiter son pays natal pour y trouver les traces faibles que les vents d’orage de l’histoire ont pu laisser. Il s’agit notamment de trouver une réponse à la question suivante :
 
Dans quelle mesure la nature de la terre natale et celle des ancêtres familiaux peuvent-elles être solidairement responsables de ce génie médiéval ?

[ ... ] 

Geoffroi Grisegonelle et son combat dans l'Ouest

[Livre électronique p. 91]

" Le consul Geoffroi Grisegonelle était, comme ses ancêtres les Gaulois, un véritable homme de guerre, fort et courageux. Il était extrêmement efficace dans la tactique guerrière et l'avait prouvé dans de nombreuses campagnes. Avec un art et une manière particulière, il a montré un joyeux tempérament et beaucoup de mansuétude. D'une façon unique, il a fait preuve de générosité. Il a fait la guerre à ses ennemis sans faiblesse et a accordé la protection à ses partisans. Bref, il s'est montré en tout un chef remarquable. "
C'est ainsi que l'auteur des " Gesta consulum " décrit l'homme qui est particulièrement lié à l'histoire du donjon du Pallet.

Quand Geoffroi Grisegonelle est devenu comte d'Anjou, vers 960, les cicatrices laissées par les Normands étaient tout juste refermées. Les progrès qui avaient commencé sous le règne de son père ont continué et d'une certaine manière se sont renforcés. Beaucoup de colons ont afflué dans l'Anjou et dans les zones limitrophes et se sont mis à cultiver le pays dont l'infrastructure avait certes souffert, mais qui était riche en capacité de production agricole et en ressources minérales. Le nouveau comte d'Anjou a reconnu là le signe des temps et a consacré ses efforts à favoriser le progrès économique de son comté et, en même temps, à assurer sa position politique dans l'Ouest et à la développer.

Ces progrès économiques et politiques étaient certainement nécessaires car une amère contrariété l'attendait. Hoël, fils bâtard d'Alain Barbe-Torte venait de surgir à Nantes et se dressait comme un obstacle désagréable, l'empêchant de revendiquer la vieille domination angevine sur les territoires au sud de Nantes. Après quelques années de gouvernement Geoffroy Grisegonelle réussit quelques coups diplomatiques qu'on peut qualifier de géniaux mais qui, à la fin, aboutiront à un résultat contraire à ce qui était envisagé au départ.

Dans l'année 971 Geoffroi passe un accord avec son voisin du nord ouest, le comte Conan de Rennes. Conan épouse Ermengarde, fille de Geoffroi et d'Adèle de Vermandois. Conan surnommé le Tort, à cause de son infirmité, avait succédé à son père Judicaël-Bérenger. La nouvelle comtesse de Rennes accouche quelque temps plus tard d'un garçon qui prend le nom de Geoffroy-Bérenger du nom de ses deux grands-pères. C'est l'aube d'une collaboration Bretagne-Anjou. Désormais l'alliance des deux comtés et même leur association deviennent l'option politique. Pendant ce temps, Thibaud 1er, comte de Blois, aîné des fils du comte de Rennes voit d'un bon oeil cette alliance.

Dans le même mouvement, le comte d'Anjou trouve un appui dans un homme très puissant, Renaud de Thorigné, dont la famille a été ancrée politiquement dans l'Ouest. Renaud de Thorigné a fait partie des plus grands et des plus riches propriétaires fonciers de l'Anjou sur les deux rives de la Loire. Il a eu aussi une influence considérable dans le sud du pays nantais et dans les Mauges. On en a déjà parlé, on en reparlera plus loin.

La façade Ouest de l'Anjou semblait dans une certaine mesure garantie par ces alliances. Néanmoins Hoël, le nouveau comte de Nantes souhaitait élargir son influence sur la frontière ouest de l'Anjou, essayant de faire revivre ainsi le duché de Bretagne à la manière de son père, Alain Barbe-Torte ou même de réunir sous sa domination le comté de Rennes. Ses efforts toutefois eurent des conséquences limitées.

Dans le dernier quart du Xème siècle, la situation politique s'est radicalement modifiée. La première femme de Geoffroi, la sœur de Thibaud Ier de Blois, est morte dans l'année 974. Heureusement elle avait donné le jour dans les années précédentes à deux garçons. Ainsi, après de longues années de prétendue stérilité elle avait cependant rempli son devoir dynastique. Les deux garçons ont été baptisés et ont reçu les noms traditionnels en Anjou, Foulques et Geoffroi. Le second Geoffroy avait à peine trois ans quand sa mère et morte.

En janvier 977, Thibaud-le-tricheur meurt également. Son fils Odon Ier lui succède dans sa charge. Mais Odon était d'un autre tempérament et d'une autre trempe que son père. Cela devait avoir des conséquences pour ses relations avec Geoffroy Grisegonelle, son oncle par alliance. Déjà en mars 977 les deux comtés se sont affrontés au sujet d'un don de cheveux que la comtesse Adélaïde avait fait avant sa mort.

Peu après 978, Geoffroy épouse en deuxième noce, à la surprise de tous, Adèle de Chalon-sur-Saône, la veuve du comte Lambert de Chalon. Ce mariage s'est fait sans doute avec l'approbation du roi Lothaire qui voulait donner un signe de ses prétentions sur la Bourgogne. Pour des raisons politiques, Odon de Blois a probablement été choqué par ce mariage.

Il arrive en même temps que Geoffroi Grisegonelle parvient à étendre considérablement son influence dans le Poitou aux dépens de Guillaume Fierbrace, comte Poitiers et duc d'Aquitaine. Celui-ci s'était pourtant marié avec Emma de Blois, sœur d'Odon 1er. Par ce mariage les dames de Blois, avec le jeune comte Odon, deviennent des ennemies déclarées de Geoffroi Grisegonelle.

Tous ces événements amènent des déchirures dans l'ancienne alliance Blois-Anjou, déchirures qui rapidement se révèleront insurmontables. Le comte Geoffroi était un homme vraiment prudent et avait réfléchi suffisamment aux conséquences de sa politique. Son instinct politique lui disait qu'il était temps de choisir une orientation nouvelle. Dans ce but Geoffroi Grisegonelle s'efforçait de nouer de nouvelles alliances, notamment avec le concurrent du roi actuel, le futur roi Hugues Capet et avec la maison de Vendôme dont le comte Buchard était aussi un ami de Hugues.

Pendant ce temps, la guerre avait éclaté entre le comte Hoël de Nantes et le comte de Rennes, Conan le Tort. Ce dernier incapable de venir à bout de Hoël militairement s'emploie à soudoyer un homme de main pour assassiner Hoël. Guérec, frère de Hoël, élevé dans un monastère, est promu évêque de Nantes à la mort de Gautier. Guerec part en voyage pour Tours afin d'être consacré par l'archevêque de la province. Entre-temps, Hoël part à la chasse au cerf à Varades, à l'est d'Ancenis. C'est là qu'il est assassiné par un traitre nommé Galuron. Devant cette situation très dangereuse Guerec retourne à Nantes et est immédiatement proclamé comte de Nantes, réunissant dans sa personne les titres d'évêque et de comte, sans toutefois avoir eu la légitimation épiscopale. Ces événements ont eu lieu avant 980.

La " Chronique de Nantes ", prétend que Guerec a commencé à ravager le pays de Rennes et qu'il a, en personne, infligé au comte de Rennes, Conan - qui entre temps s'était associé aux Normands - une défaite cuisante à Conquereuil en 982. Mais cela n'est pas vraiment sûr.

Si l'on s'en réfère aux différentes sources, la suite des événements se présente ainsi. Le comte de Rennes avait rassemblé une importante armée au nord de Nantes dans le but d'envahir la ville. Devant cette dangereuse situation le comte de Nantes se trouve un allié dans le comte d'Anjou, Geoffroi Grisegonelle. Geoffroi dirige son armée vers le nord et les deux comtes unissant leurs troupes affrontent Conan vers Conquereuil. Il faut noter que Geoffroi Grisegonelle avait dû faire un choix difficile, car Conan le Tort était son propre gendre.

Mais ayant perdu tout espoir d'une alliance pacifique avec Conan, Geoffroi avait consciemment oublié ses liens familiaux. Si le comte de Rennes, Conan avait accepté de reconnaître Geoffroi comme son supérieur il n'y aurait sans doute jamais eu de problème. Mais Conan le Tort porte peu d'attention à son beau-père et agit de sa propre initiative, à ses risques et périls. En raison de cette insolence de Conan, c'est la raison d'état qui l'emporte chez Geoffoi ; c'est pourquoi il a pris le parti de Guérec qui autrefois déjà l'avait sollicité.

Pour cette fraternité d'armes le comte Geoffroi a exigé de Guérec un prix élevé qui, à l'évidence, a lourdement pesé sur ce breton attaché à sa liberté. Puisque Conan le Tort reconnaissait comme supérieur Odon 1er de Blois, il fallait de la même façon, pour des raisons d'équilibre, que Guérec reconnaisse, en cas de victoire, comme son supérieur, Geoffroi Grisegonelle. C'est ce qui est arrivé. En 982, sur le champ de bataille de Conquereuil, Conan était nettement battu par la nouvelle alliance Bretagne-Anjou, même si les deux parties avaient chacune souffert. Tandis que Conan affaibli et humilié devait faire taire ses ambitions et renoncer à une conquête rapide de Nantes, le comte d'Anjou profitait de cette situation, mettant pour le moment un frein à ses prétentions hégémoniques sur Nantes.

Probablement un an plus tard, vers 983, grâce à l'action de Geoffroi Grisegonelle une négociation s'est ouverte avec Guillaume Fierbrace, comte Poitiers, entre 963 et 993, au sujet des régions au sud de Nantes. Déjà en 942, entre Alain Barbe-Torte et Guillaume Tête-d'Étoupe un accord avait eu lieu attribuant les régions des Mauges, de Tiffauge et d'Herbauge au comte de Nantes. D'un renouvellement de cet accord le comte de Nantes n'a tiré que peu de profit. Il lui est resté seulement une mince bordure de terre sur la rive gauche de la Sèvre, futur secteur des seigneuries de Clisson et de Rezé. En revanche la région de Tiffauge est tombée sous l'influence des seigneurs de Thouars et les Mauges sous celle du comte d'Anjou., qui l'a conquise " les armes à la main " comme l'écrit M. Merlet. Telle était la situation politique à la veille de la construction du donjon du Pallet. L'indépendance réelle du comté de Nantes vis à vis de l'Anjou était perdue pour longtemps.

Le comte Guérec prend bientôt conscience du danger et commence à consolider au mieux son pouvoir face à la menace angevine. A Nantes d'abord il s'emploie à reconstruire le chœur jadis détruit de la cathédrale. Tandis que burins et marteaux résonnent pour Dieu, il poursuit une ambition plus profane à 35 kilomètres en amont de Nantes. Il entreprend face à l'Anjou de construire à Ancenis une forteresse. Guérec s'était bien obligé, auparavant par serment solennel, à rester fidèle au comte d'Anjou. Il évite donc de donner l'impression d'une activité personnelle dans cette construction et c'est sa femme Arenburge qui en est la fondatrice officielle. En même temps le comte de Nantes élabore un plan pour secouer définitivement la domination du comte d'Anjou. Il croit nécessaire de trouver une protection nouvelle et plus puissante auprès du roi lui-même : Lothaire IV. Il entreprend des négociations secrètes auprès de la cour royale et part en voyage.

Le moment était bien choisi. Peu de temps auparavant Geoffroi Grisegonelle avait rompu ses relations avec Lothaire IV et s'était rapproché de Hugues Capet. Pourtant trois ans plus tôt, en 981, Lothaire et Geoffroi s'étaient rencontrés familièrement et Lothaire avait marié son fils et successeur, Louis V, avec la veuve Adélaïde, sœur de Geoffroi, réunissant ainsi le duché et l'Aquitaine. Cependant, peu après le mariage, qui a eu lieu dans la Vieille-Brioude, au cœur de l'Auvergne, il est devenu évident qu'en raison de l'impuissance et de l'imprudence de Louis V, ce n'est pas le royaume de Lothaire qui profitait de cette alliance, mais bien l'Anjou. A la fin de 983, le roi Lothaire ramène son fils malchanceux et déclare dissous le mariage avec Adélaïde. Celle-ci s'enfuit à la cour d'Arles et, en troisième noce, épouse Guillaume comte de Provence. On raconte même qu'auparavant elle avait voulu assassiner son royal mari, Louis V.

Ainsi, en 984, les relations cordiales entre Geoffroi Grisegonelle et le roi Lothaire IV ont atteint leur point le plus bas. Ce n'est donc pas un miracle si Guérec de Nantes se livre à toutes sortes de calculs à la cour du roi capétien pour monter une coalition contre le comte d'Anjou. Avec cette intrigue, Guérec avait dépassé les bornes.

La naisance de l'oppidum du Pallet

[Livre électronique p. 95]

Le comte Geoffoi Grisegonelle, se prévalant de ses droits de suzerain, fait avancer ses chevaliers contre Guérec jusqu'à la Sèvre et veut construire là une base. Compte tenu des buts qu'il poursuivait, le vieil oppidum du Pallet lui est apparu tout à fait convenable. Cette place forte qui avait subi de graves dommages des Normands était peut-être d'ailleurs totalement détruite et désertée. Les soldats ont été suivis de quelques familles que le comte avait recrutées dans le centre des Mauges. Il s'est ainsi développé sur les bords de la Sèvre une infrastructure solide et productive. " Geoffroi Grisegonelle prétendait à tort avoir sur ce comté des droits qu'il cherchait l'occasion de faire valoir " A. de la Borderie, Histoire de la Bretagne, Rennes 1898, p. 426

Dominant la Sanguèze, à la place du vieux " palatium " ruiné des Wisigoths, les préparations ont commencé en vue de construire une puissante tour, si énorme qu'on n'avait jamais rien vu de pareil dans les générations précédentes. Il a fallu d'abord éliminer les restes d'un village pillé par les Normands et défricher un périmètre un peu plus important. Les vieux fossés qui ne convenaient plus pour les nouvelles techniques de construction ont selon toute vraisemblance été comblés. On a peut-être démoli la tour assemblée en bois afin de déplacer la construction centrale un peu plus vers l'Ouest. La pose de la première pierre a dû avoir lieu en 984

Quand la nouvelle de la construction de cette tour est arrivée à Nantes, cela a dû déclancher dans le personnel politique une grande agitation. Le comte Geoffroi Grisegonelle ne pensait nullement, en effet, laisser la rive sud de la Loire à la disposition de Guérec. Son objectif était plutôt de reprendre les possessions de ses pères, Foulques le Rouge et Foulques le Bon. Comme eux, il voulait étendre dans l'ouest le pouvoir angevin aux dépens du comte de Nantes. Avec un tel avant-poste au Pallet, il affaiblissait le côté sud du comté et lui enlevait une base économique importante ; il lançait un avertissement au rebelle Guerec et lui faisait comprendre quel était le véritable maître et seigneur de la région. Ce n'était plus qu'une question de temps pour Geoffroi Grisegonelle pour resserrer son étreinte et finir par accéder au port même de la ville de Nantes.

Le comte Guérec n'avait pas fait d'erreur en tablant sur la rancune du roi Lothaire envers Geoffroi Grisegonelle. En effet, Lothaire, à partir de ce moment, a essayé de nuire à la maison d'Anjou chaque fois que l'occasion s'est présentée. Ainsi, par exemple, il a fait en sorte que Foulques Nerra, le futur comte d'Anjou, n'obtienne rien au moment du partage de l'héritage de son oncle Hubert de Vermandois. C'est en revanche Odon 1er de Blois, ennemi inexorable des angevins, qui reçoit une part supplémentaire.

Néanmoins les jours de la dynastie carolingienne sont comptés. On doit donc reconnaître au comte angevin un flair politique certain quand, juste à temps, il a changé d'alliance et s'est soudain proclamé vassal de Hugues Capet, le concurrent de Lothaire. Les événements qui ont suivi lui ont donné raison. Peu de temps après, vers 986, le roi Lothaire IV mourait. Son fils Louis V, appelé aussi " le paresseux " à cause de son impuissance, l'a rejoint rapidement dans la tombe, suite à un accident mortel. En 987 Hugues Capet pouvait alors, être choisi comme nouveau roi de France, trois ans après la pose de la première pierre du donjon du Pallet. À cette date l'ouvrage devait vraisemblablement être terminé. Ainsi ce que le comte de Nantes avait essayé de négocier à la cour royale s'est trouvé sans effet politique à long terme.

Le comte Guérec a par ailleurs connu une mésaventure quand il est revenu à Nantes en passant par la vallée de la Loire. Il s'est heurté à l'impitoyable Geoffroi Grisegonelle. Le comte d'Anjou a fait arrêter le vassal infidèle malgré les réactions que cela a pu produire à la cour royale. Voici comment la " Chronique de Nantes " raconte l'événement.

" Après que Guérec eut rendu visite, à la cour royale et soit revenu par l'Anjou, Geoffroi Grisegonelle a fait mettre des guetteurs sur tous les chemins. Finalement on l'a attrapé. Il ne put retrouver sa liberté qu'à la condition de reconnaître la domination de Geoffroi sur la ville de Nantes et sur toute cette partie de la Bretagne que Foulques le Rouge avait autrefois possédée. Craignant de ne jamais recouvrer la liberté, Guérec accepta les conditions de Geoffroi. "

Ce passage prouve de façon tout à fait extraordinaire et authentique que la construction du donjon du Pallet s'inscrit dans la revendication générale de l'Anjou sur les vieux districts carolingiens du sud Loire. Indépendamment de ce texte, la datation du mortier de cette construction au carbone 14 en est une confirmation. En outre, le fait que Guérec soit sous la domination de Geoffroi apparaît dans deux chartes qui sont de nouveaux témoignages indépendants.

C'était sans doute une erreur politique de Geoffroi d'avoir libéré son otage après une longue détention et une nouvelle promesse de fidélité. Guérec était un homme rusé. Après sa libération il n'a nullement respecté les promesses qu'il avait faites. Malgré la menace angevine, dès que l'occasion s'en est présentée, il n'en a fait qu'à sa tête. Ainsi la nouvelle construction de la forteresse d'Ancenis, propriété de la comtesse Aremburge, a été transférée effrontément sur la tête du jeune Alain. Cette manœuvre astucieuse permettait que le père d'Alain, Guérec, ne soit pas impliqué et soit dispensé de toute demande d'autorisation auprès de Geoffroi Grisegonelle.

On peut encore s'apercevoir du caractère astucieux de Guérec par les faits suivants. Après avoir été libéré des prisons angevines, Guérec porte aussitôt une contre-attaque. Au cours de son voyage à travers les Mauges, Guérec et son escorte tombent à l'improviste sur un vassal important du comte Geoffoi. Il ne s'agit rien moins que du vicomte d'Angers, Renaud de Thorigné qui se trouvait justement en train de chasser avec ses chiens. Guérec le fait conduire enchaîné dans son château de Nantes. Là il contraint Renaud à le reconnaître comme son suzerain et il lui interdit d'aller désormais chasser dans les forêts des Mauges.

Renaud doit avoir réussi par un moyen quelconque à capter la confiance de Guérec, car l'interdiction d'aller chasser dans les Mauges n'est entrée en application que sous une forme modifiée. Dans des négociations postérieures les deux hommes ont convenu de se partager les droits de chasse. Il est évident que dès l'origine, les droits de chasse dans les Mauges étaient revendiqués non seulement par le comte de Nantes, mais aussi par Renaud de Thorigné. Ils furent alors réajustés comme cela sera dit ci-après dans un autre chapitre. Il devient clair que les possessions de Renaud de Thorigné dans les Mauges étaient vastes. Ce patrimoine lui avait été transmis avant l'accord de 942 entre Alain Barbe-Torte et Guillaume Tête d'Étoupe.

Importance stratégique et politique du Donjon du Pallet

[Livre électronique p. 98]

La colonisation dans l'extrême ouest des Mauges par le comte d'Anjou s'est produite précisément au moment du pacte entre le roi de France et le comte de Nantes. Le danger que comportait ce pacte était que cette région soit en fait définitivement perdue pour l'Anjou. Dans cette région de passage vers l'Aquitaine et le sud, le comte Geoffroi Grisegonelle ne disposait d'aucun vassal sur lequel, à coup sûr, il aurait pu compter. Dans ces conditions, il ne pouvait être question de construire une forteresse légère ou provisoire au Pallet. Comme on le constate encore aujourd'hui en regardant le relevé des ruines, il s'est agi d'une tour assez massive capable de résister à un siège de longue durée. La question se pose donc de savoir quels étaient les objectifs militaires à long terme poursuivis par Geoffroi, au-delà de l'intimidation de Guérec de Nantes.

Au départ, on doit tout de suite écarter une hypothèse fausse. Si l'on pose que Geoffroi Grisegonelle projetait une action directe sur Nantes, ce qui ne peut être prouvé, mais qui reste une hypothèse plausible, la garnison angevine postée au Pallet n'aurait pu fournir pour cette attaque qu'un appui tactique relativement faible.

Les murs d'enceinte de Nantes faisaient 1600 mètres. Pour prévenir d'autres attaques normandes ces murs avaient été, peu de temps auparavant, augmentés et restaurés. Pour prendre cette ville il fallait environ une armée de 3 000 hommes. Ces soldats auraient dû marcher sur la ville à partir du nord et non à partir du Pallet. Pour empêcher le ravitaillement de Nantes par le sud, et organiser un blocus fluvial, il aurait fallu en même temps une armada de bateaux. La garnison angevine du Pallet ne pouvait apporter qu'un faible appui pour tout cela.

Pour une opération de cette importance, véritable guerre, on avait certainement besoin du soutien du sud de l'Anjou. Mais la majeure partie de ces soldats pouvait traverser la Loire aux Ponts-de-Cé, en face Angers mais pas près de Nantes. Leur route ne passait pas du tout par Le Pallet. Cela est d'autant plus évident qu'à cette époque on ne disposait pas, près de Nantes, de ponts pour franchir la Loire. Il faut envisager d'énormes mouvements de troupe, plusieurs milliers d'hommes, comme cela s'est produit effectivement un peu plus tard en 992. En comparaison, une garnison de 50 à 100 hommes, au Pallet, n'aurait pu avoir aucun rôle offensif notable. Il ne faut pas oublier que les chevaux et les chevaliers transportés par bateau sur la Loire constituaient des cibles extrêmement vulnérables. On peut donc conclure que le donjon du Pallet avec ses occupants ne pouvait probablement pas faire partie d'une stratégie offensive directe sur Nantes.

En revanche, le Pallet et sa garnison pouvaient très bien servir à garantir l'approvisionnement de Nantes en cas de conflit ou de guerre. Non seulement la garnison du Pallet contrôlait les terres cultivables du sud de Nantes, et par suite les produits alimentaires pour la ville, ceux au moins venant du sud, mais elle contrôlait aussi les routes vers le sud et pouvait s'interposer et bloquer les gens de Thouars ou de Poitiers dans la mesure où ils étaient des ennemis potentiels.

En effet une intervention de ces villes pour soutenir Nantes était tout à fait concevable, en raison de leur hostilité croissante contre l'Anjou. Mais dans le cas contraire où ces villes restaient des partenaires fiables, la garnison angevine du Pallet n'aurait pas été sans utilité. Elle aurait permis que, sans heurt, se produisent des échanges d'informations, de troupes et de matériels. Il était donc tout à fait intéressant de disposer au sud de Nantes d'une base prête à entrer en action.

La garnison basée au Pallet était donc d'une grande valeur non seulement en temps de guerre mais aussi en temps de paix. Habituellement les périodes de paix sont quantitativement plus nombreuses que les périodes de guerre. L'installation d'une garnison dans la vallée de la Sèvre a donc eu comme première conséquence de favoriser la colonisation angevine. Préservées des troubles, les exploitations agricoles ont pu se développer, accompagnées d'un accroissement démographique, avec des fondations monastiques, des paroisses et des villages.

Par conséquent, à la fin du Xe siècle le fondateur du Pallet poursuit les objectifs politiques suivants:

Ce dernier objectif ne fait aucun doute car en même temps que la puissance angevine construit le donjon du Pallet, elle entreprend, entre Nantes et le Pallet, une autre construction : c'est la fondation d'un monastère très important : Vertou. On consacrera plus tard un chapitre aux circonstances de cette fondation.

Réflexions élémentaires sur la construction d'une place forte au Xe siècle

[Livre électronique p. 100]

Dans ces dernières années, on a rencontré des exposés assez déroutants pour décrire la construction d'une forteresse telle que celle du Pallet, s'agissant aussi bien des modalités de construction que de la datation. Ainsi, par exemple, des experts reconnus comme A. Chedeville et N. Y. Tonnere (dans leur livre La Bretagne féodale XIe-XIIe siècle, Rennes 1977) ont écrit - il n'y a pas si longtemps - que les premiers donjons sont apparus en Bretagne seulement à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle. N. Y. Tonnere, quant à lui, dans un travail publié en 1994 (Naissance de la Bretagne, Angers, 1994) écrit que la construction de la tour du Pallet a été décidée à l'initiative d'un noble local avec l'appui de l'évêque de Nantes. Il y a au moins une chose correcte dans cette affirmation, c'est que le comte de Nantes n'y a pas participé. En revanche, les autres affirmations sont manifestement fausses.

De la même façon, M. Deyres (Les châteaux de Foulques Nerra, in Bulletin monumental, Paris, 1974) a fait un travail sur la tactique militaire angevine. Il avance qu'il s'agissait d'opérations de courte durée, sortes de " guerre éclair ", avec une stratégie de bataille à caractère offensif, sans qu'il soit question de bâtir des tours de maçonnerie. Ainsi, pensait-il que la construction d'un donjon comme celui du Pallet ne concernait que le court terme.

Pourtant l'archéologie actuelle en France prouve plutôt le contraire. Habituellement, il y aurait une phase de préparation bien pensée et l'utilisation d'une main d'œuvre importante pendant une longue durée pour la construction d'une tour.

Essayons de regarder la situation au Pallet et posons-nous la question de savoir d'où proviennent les matériaux que les constructeurs ont utilisés.

Le bois

Le bois nécessaire à la construction provenait sans doute des forêts des bords de la Sèvre, mais aussi d'abattage dans d'autres forêts de chêne plus à l'est. Trouver du bois ne devait pas poser de problème dans cette région en raison de l'abondance des forêts.

La pierre

Le Gabbro, pierre dure, pouvait être trouvé sur place et employé comme moellon. On a pu l'extraire du flanc est de la colline sur laquelle est construit le donjon. Ce faisant, on a atteint deux objectifs plus larges. On a d'une part augmenté la pente d'accès, ce qui constituait une fortification naturelle et on a de plus remplacé la douve dans ce secteur. D'autre part, on a aménagé un nouveau chemin pour atteindre le gué de la Sanguèze, gué qui se trouvait auparavant plus en aval. Ce nouveau chemin est encore aujourd'hui utilisé.
Les cicatrices laissées par ces travaux sur le flanc est de la colline du Pallet peuvent s'observer encore aujourd'hui ; un sentier touristique a été ouvert et permet cette observation.
Faute d'un lieu d'extraction proche, on a limité l'utilisation du granit. On ne sait d'où a pu venir le granit. De grands gisements de granit se trouvaient sur les bords de la Sèvre, par exemple à Gétigné.

Sable et gravier

Il n'y a pas eu de problème pour trouver le sable, le gravier et l'eau dans le cours inférieur de la Sanguèze. Monsieur G. Demangeau m'a informé que c'était l'usage, il y a seulement quelques dizaines d'années.

La pierre à chaux 

Il devait être plus difficile de se procurer la pierre calcaire nécessaire pour obtenir la chaux vive utilisée dans le mortier de construction. Au Moyen Âge, la fabrication de la chaux vive se faisait sur le chantier même. En revanche, il fallait souvent aller chercher la pierre à une grande distance.

Dans la période géologique du Dévonien, il y a environ 400 millions d'années, le " bassin d'Ancenis " a reçu des dépôts sédimentaires de calcaire. Aujourd'hui les gisements les meilleurs se trouvent à Chalonnes-sur-Loire, sur la rive gauche de la Loire et à l'entrée de la vallée du Layon, à environ 50 kilomètres à vol d'oiseau du Pallet. Déjà au Moyen Âge la pierre à chaux était extraite de ces sites. Des gisements plus vastes se trouvent à Montjean et à Chateaupanne et de plus modestes à Liré en face Ancenis et d'autres même à Buzay à l'embouchure de la Loire. Malheureusement nous ne possédons aucun document sur l'extraction de la pierre à chaux à cette époque.

Pour le cas où il aurait été nécessaire de se procurer la pierre à chaux en Anjou, hypothèse assez plausible en raison de la situation politique, à savoir l'hostilité de Nantes, le transport fluvial aurait été possible. Le trajet représentait 70 kilomètres en passant par la Loire puis par le marais de Goulaine, qui était autrefois navigable, pour arriver au port du Montru à la Chapelle-Heulin. Il existe d'ailleurs au Montru des ruines d'un four à chaux, même si sa construction est plus récente. Il ne restait plus alors que 6 kilomètres pour joindre le Pallet, distance tout à fait à la mesure d'un attelage de bœufs.

On peut penser toutefois, hypothèse plus vraisemblable, que le calcaire nécessaire au donjon du Pallet a pris un chemin beaucoup plus simple. Entre La Chapelle-Heulin et Haute-Goulaine, à proximité de la villa romaine " Les Cléons ", se trouvait autrefois un site dénommé " Le petit marais de la Garenne ". Dans l'antiquité on y a déjà extrait du calcaire. Une utilisation de ce calcaire a été découverte, par exemple dans les sarcophages du monastère de Vertou. Ce monastère a été restauré en même temps qu'on a construit le donjon du Pallet, vers 985. On a donc bien la preuve de l'utilisation de ce gisement au Xe siècle. Si l'on suppose que le calcaire nécessaire à la construction du donjon du Pallet est venu de ce dernier site, la distance de transport n'est plus que de 10 kilomètres, ce qui réduit considérablement le coût de construction. La Sèvre, d'ailleurs, n'offrait pas pour le transport des matériaux de construction une solution satisfaisante. A Vertou, près du monastère, le barrage, pour autant qu'il existait alors, aurait nécessité un déchargement et un rechargement du fret. Par ailleurs, après l'arrivée au Port-Domino, la rude montée pour rejoindre la colline du Pallet aurait été extrêmement gênante. Enfin, le confluent de la Sèvre avec la Loire conduisait dans le secteur ennemi, aux portes de Nantes. Il n'est pas concevable que les gens du comte de Nantes soient restés inactifs devant le transport de pierres à chaux venant de l'Anjou et destinées à aller par la Sèvre au Pallet.

Le lecteur qui souhaiterait se faire une idée approximative des ressources en hommes et en matériel qu'il faudrait mobiliser pour construire un donjon tel que celui du Pallet, pourra, très utilement, se reporter à l'estimation faite par l'historien américain de l'Anjou, B. Bachrach. Ce dernier a recensé une grande partie des éléments indispensables à cette évaluation.

Avant d'aborder la présentation chiffrée, quelques remarques préalables sont nécessaires. Puisqu'il n'existe pas avant l'an mil de données statistiques chiffrées pour évaluer le coût de construction, B. Bachrach a consulté d'autres sources assez précises sur la construction d'un bâtiment médiéval. Il a ensuite projeté sur le donjon de Langeais, en tenant compte des dimensions respectives, les données admises pour la construction d'un château médiéval. Je voudrais épargner au lecteur tous ces calculs et celui qui s'y intéresse plus directement est renvoyé au travail original de M. Bachrach.

B. Bachrach, The cost of castle building, The case of tower at Langeais, 992-994, in The medieval castle, Romance and reality, Dubuque, Iowa 1984, S. 46-62

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La destruction du donjon du Pallet en 1420

[Livre électronique p. 320]

Le destin du donjon du Pallet est lié à ces guerres mémorables qui ont eu lieu dans cette région du cours inférieur de la Loire. Les historiens du XIXe siècle, l'abbé P. Grégoire " État du diocèse de Nantes en 1790 " Nantes 1882 p. 132, " Très ancienne place forte démantelée en 1420 " et Louis Ogée " Dictionnaire historique de la Bretagne ", 1779, réédition Rennes 1843, p. 487, " Cette place fut détruite par les ennemis de l'État, vers 1420, pendant les guerres qu'occasionna l'attentat commis sur la personne du duc Jean V et sur celle de son frère Richard, par Marguerite de Clisson, Olivier, Charles et Jean de Blois, ses enfants ", ces auteurs sont unanimes sur ce point. Dans l'année 1420 la ville du Pallet est pillée et le donjon est détruit. Louis Ogée précise qu'il puise ses informations dans les archives du marquisat de Fromenteau, document introuvable aujourd'hui.

L'information a été reprise par Paul de Berthou dans son travail sur Clisson et il l'a considérée comme vraisemblable. En effet, dans un aveu de 1533 de la châtellenie du Pallet, aux archives de la Chambre des Comptes de Bretagne on peut lire : " Le chasteau et emplacement d'icelui lieu du Paletz qui aultrefois fut abattu par le temps des guerres qui ont esté oudit païs et duché de Bretagne. " L'historien ajoute que c'est probablement l'armée de libération bretonne se dirigeant vers Champtoceaux qui a opéré cette destruction. Mais ici une contradiction apparaît, car Ogée avait écrit : " cette place fut détruite par les ennemis de l'État, vers 1420, pendant les guerres qu'occasionna l'attentat commis sur la personne du duc Jean V etc.. " Les ennemis de l'État, c'étaient Marguerite de Clisson et ses fils et non l'armée de libération bretonne. Aucun autre document, même pas le plus petit indice, ne renvoie aujourd'hui aux circonstances de la destruction de ce donjon. Le donjon le plus ancien et le plus grand de tout l'Ouest de la France disparaît aussi mystérieusement des feux de la rampe de l'histoire qu'il y était entré autrefois.

Si l'on examine les rares documents de l'époque sur les méthodes de guerre, on peut du moins imaginer le cadre des événements et les conditions dans lesquelles un tel travail de destruction pouvait se dérouler. Le point de vue de de Berthou n'est sûrement pas correct quand il attribue à l'armée de libération bretonne dans sa progression sur Champtoceaux cette action. Ce ne peut pas être cette armée qui a réduit en cendres et en poussières cette forteresse qui, quatre années plus tôt en 1416, est entrée (par mariage) dans la propriété des Amenart (" rang très distingué dans la chevalerie de Bretagne et d'Anjou " de Berthou).

En effet la force militaire bretonne, renforcée par l'artillerie anglaise, est arrivée du nord afin de franchir la Loire sur des bateaux. L'ancien oppidum de Champtoceaux avait été agrandi pour devenir un vaste camp retranché. Le bombardement a duré des semaines avec pour objectif, la tour la plus élevée située à l'est, la " tour du diable ". S'il avait fallu en même temps prendre la forteresse du Pallet, sans doute plus petite en comparaison, on aurait dû néanmoins déplacer des matériels de guerre. Sur le plan stratégique cela ne peut se justifier. De surcroît, aucune source ne prouve l'appartenance des seigneurs du Pallet à la coalition des seigneurs de Clisson.

Quelque temps avant ces événements, les Penthièvre avaient rassemblé des troupes de soldats mercenaires étrangers à Champtoceaux et à Clisson. Quand ces bandes ont appris que le duc Jean V avait été fait prisonnier, elles ont commencé à dévaster la Bretagne du sud de la Loire, cela vers la mi-février 1420. Toutes les possessions immobilières du Duc et de ses vassaux ont été détruites, dévastées, pillées. Toute personne qui était soupçonnée de collaborer avec la maison ducale était arrêtée, dépouillée, maltraitée, assassinée. Cette guerre s'est propagée comme un incendie jusque dans le nord de la Vendée. Jean de Blois, fils de Marguerite de Clisson, a conquis sur le vicomte de Rohan la ville et le château de la Garnache. Le pays nantais et la vallée de la Sèvre étaient particulièrement visés par cette campagne de dévastation dont le but était de préparer une attaque sur Nantes.

Lobineau, Histoire de la Bretagne, p. 544 : " En mesme-tems Marguerite de Clisson et ses enfants mirent garnison d'étrangers à Chasteauceaux, Clisson, Paluau et ailleurs et firent la guerre aux sujets du Duc et particulièrement à la ville de Nantes par eau et par terre et firent le dégast dans tout le païs. Le seigneur de l'Aigle (Jean de Blois, fils de Marguerite de Clisson) entre-autres, prit par la force le chasteau et la ville de la Garnache, appartenant au vicomte de Rohan. Cette guerre qui se faisait dans le voisinage de Nantes, obligea les nobles et les habitants du païs d'avoir recours à la duchesse qui leur envoya le 28 février le vicomte de Rohan avec pouvoir d'y ordonner et faire tout ce qu'il jugeroit le plus à propos pour la sûreté de la ville. "

Tels sont donc les propos (dans un arrêt contre les Penthièvre) que tient le Duc lui-même au sujet de cette guerre. Le Pallet était évidemment situé au centre de la zone de rassemblement et sur le chemin qui pouvait conduire à l'attaque de Nantes.

Il ne faut pas croire que les seigneurs de Clisson avaient de bons rapports de voisinage avec la localité du Pallet. Il y a eu continuellement des dissensions politiques qui ont été accentuées par une concurrence économique. Jusqu'au début du XIVe siècle le Pallet avait fait partie de l'apanage de la maison ducale. Il avait ensuite été vendu à un seigneur, soutien loyal de cette maison. Par ailleurs une ville fortifiée comme Clisson n'avait pas intérêt à avoir, dans son immédiate proximité, un château qu'un ennemi éventuel pourrait utiliser comme base de rassemblement contre elle-même. Ainsi tout penche en faveur de l'hypothèse où les bandes armées des Penthièvre s'en sont pris au Pallet. Les habitants, paysans et nobles, se sont enfuis à Nantes. Les sources nous disent bien ceci : les exploitations agricoles et les habitations ont été la proie des flammes, les récoltes confisquées ou détruites, l'ancien oppidum rasé, le donjon lui-même occupé. Ogée avait donc raison. Ce sont bien les ennemis de l'État qui au Pallet ont fait cela.

Nous ne savons pas du tout si les structures intérieures du donjon, qui étaient en bois, ont été la proie des flammes. Si ce fut le cas et si certaines parties des murs du donjon ont éclaté sous l'effet de la chaleur, cela n'a pas été suffisant pour détruire totalement l'ouvrage. Les murs étaient trop épais et la construction trop massive pour que le donjon se soit effondré à ce moment là. Les machines de guerre du château de Clisson auraient sans doute pu effectuer un travail de destruction totale. Elles ne sont pas apparues au Pallet, car elles avaient été dirigées loin au sud-ouest vers la Garnache. Par ailleurs, il faut beaucoup de temps pour raser jusqu'au niveau du sol un bâtiment aussi solide. Enfin ce n'était pas du tout l'objectif des bandes armées clissonnaises. On peut donc penser que, dans cette première phase de la guerre, le donjon du Pallet n'a pas été détruit et que la tragédie de 1420 a connu un deuxième acte.

L'entracte a en effet duré jusqu'au milieu de l'été, quand Marguerite de Clisson et ses fils ont été amenés à se rendre et à libérer le duc Jean V. Ce dernier avait été emmené à Saint-Jean-d'Angely puis dans diverses prisons avant d'arriver à Clisson où il était resté sous la surveillance d'Olivier de Penthièvre. Un peu plus tard, Jean de Blois arrive à Clisson avec ses troupes, si bien qu'autour de Clisson se concentrent des unités militaires assez nombreuses. La plupart de celles-ci sont installées dans les villages environnants, parce que le château fort lui-même était trop petit pour une foule aussi importante. Il est vraisemblable que certaines troupes furent logées dans l'oppidum du Pallet à demi détruit. Il faut noter que l'itinéraire de Champtoceaux à Clisson passait par le Pallet. On peut laisser son imagination se représenter la scène : la maladrerie des Templiers et le prieuré Saint-Étienne hébergeaient des blessés et des malades. Dans le donjon lui-même habitaient les chefs militaires, attendant là les ordres de mission.

Le destin des Penthièvre s'est joué peu après. Le 4 juillet 1420, Olivier, effrayé, a reçu la nouvelle de la capitulation de sa mère. Il a alors remis le duc Jean V à son frère Jean de Blois qui l'a fait conduire à Champtoceaux en passant par le Pallet. Le vendredi 5 juillet le Duc a été officiellement libéré et Marguerite de Clisson a pu se retirer sans être importunée. Elle s'est réfugiée dans son château de Clisson où elle a rejoint ses fils. Jusqu'à ce moment là, la puissance des forces des Penthièvre restait sur place intacte. Le Pallet demeurait en leurs mains..

Le 6 août Olivier et Charles de Clisson ont reçu l'ordre de comparaître devant les Etats de Vannes pour reconnaître publiquement leurs fautes. Ils doivent laisser en otage leur plus jeune frère Guillaume. Le jeune homme qui était étudiant à Angers était le seul à ne pas avoir trempé dans la conjuration. Le château de Palluau devait aussi être donné en gage. Dans un premier temps les deux frères acceptent ces conditions, puis ils s'aperçoivent que de toute façon ils s'en sortiront perdants. Leurs craintes n'étaient pas vaines. En leur absence, on a rendu public un acte d'accusation à Vannes et on a puni la famille Penthièvre en confisquant tous les biens qu'elle possédait.

A ce stade de la procédure le Duc s'est permis une entorse au " Droit de Bail ". Sans doute son frère Richard avait partagé avec lui sa captivité mais en qualité de cadet il n'avait aucun droit d'héritage. Néanmoins le Duc lui a donné en apanage un patrimoine (rentes) héréditaire important : la seigneurie de Clisson et de l'Épine-Gaudin, la seigneurie et la ville de Courtenay, enfin Houdan dans le comté de Montfort. Cette donation a été authentifiée devant notaire le 29 septembre 1420.

" En mesme-tems la guerre fut résolue contre les Penthièvre tant pour les punir que pour exécuter le confiscation de Clisson. Clisson fut assiégé dès le mois de septembre par Richard de Bretagne. Les habitants ne se laissèrent pas pousser à l'extrémité ; ils se rendirent d'abord à condition que le Duc leur pardonneroit et les laisseroit jouir paisiblement de leurs biens ; ce qui fut promis par Richard et confirmé par le Duc six jours après qu'il lui eut donné son partage. On assiégea de même les Essarts et l'on envoia au siège de l'artillerie, des flèches des viretons et d'autres armes et machines pour attaquer la place qui se rendit ". Lobineau, Histoire de Bretagne, p. 553

Dans le même mois de septembre, une armée bretonne sous les ordres de Richard s'est dirigée vers le sud pour imposer la soumission de la forteresse de Clisson. Il s'est agi d'une véritable armée qui comprenait exactement 1225 soldats, 552 tireurs à l'arc et 192 tireurs à l'arbalète. Ils ont fait route au sud vers Nantes puis Clisson. Dans ses bagages cette armée bien organisée emportait tout un appareillage d'artillerie pour faire feu sur Clisson : canons, bombardes, béliers etc. Tous les seigneurs qui avaient collaboré avec les Penthièvre étaient en cours de route punis, leurs résidences détruites sans pitié.

Il ne fait pas de doute que cette armée en route pour Clisson soit passée inévitablement par la châtellenie du Pallet. Les occupants s'étaient probablement retranchés dans le donjon. À une distance de 6 kms de Clisson, il devenait tentant de faire un exemple pour montrer aux Penthièvre ce qui leur arriverait s'ils persistaient à résister. Ainsi s'est prise probablement la décision de bombarder le donjon. Ce qui avait pu rester debout après le conflit du printemps, par exemple les restes de l'enceinte, allait maintenant être démoli. Il a fallu plusieurs jours de bombardement pour que la tour du Pallet, peu à peu ébranlée, finisse par s'écrouler sur elle-même.

On peut facilement imaginer ce qui est arrivé aux occupants du donjon qui ont survécu à l'effondrement des murs. Il n'est pas sûr, il est même assez invraisemblable que ce soit l'attitude de Jean Amenart qui ait conduit à la destruction de ce château. Quelques paroisses voisines de Clisson ont été rattachées à Clisson. Le Pallet, quant à lui, est toujours resté à l'écart. Jean Amenart n'avait sans doute pas la possibilité en 1420 d'expulser les troupes étrangères qui occupaient son château. Il n'est pas du tout sûr qu'à l'époque de la destruction du château, il y résidait personnellement. Peut-être y avait-il laissé seulement un administrateur ? Les propriétés de Jean Amenart en faisaient un membre de la noblesse angevine. A l'époque du siège de Champtoceaux, le pouvoir ducal avait largement ménagé et même amnistié les nobles angevins qui résidaient dans l'ouest des Mauges de façon à miner l'influence des Penthièvre.

C'est bien une ironie du destin qui fait que le plus vieux et le plus grand donjon de l'Ouest soit tombé, en cet automne mémorable de 1420, sous les coups des mêmes gens, ceux du duc de Bretagne, auxquels les seigneurs du Pallet avaient accordé une fidélité à toute épreuve pendant 500 ans, si l'on excepte l'intermède initial de la construction. En revanche, Clisson qui à différentes reprises avait changé de camp, n'en a pas souffert et a été paisiblement transmis.

[ ... ]

Résumé

[Livre électronique p. 332 à 337]
 
 
Dans le travail que je présente il s’agit de mesurer l’écart existant entre l’architecture impressionnante du donjon du Pallet et l’insignifiance de la documentation le concernant. Je voudrais aussi rendre compte du fait qu’un philosophe de renommée mondiale y a vu le jour sans que par la suite aucun homme politique célèbre ne soit né au Pallet. En plus de cela, j’étais fasciné par le nom de « Le Pallet » (Palais) qui fait penser à la notoriété de l’endroit et exige une explication. « Palatium » en latin oriente vers une construction de prestige, vers un véritable palais. C’est un titre vraiment extraordinaire pour un lieu de campagne.
 
Il serait très ambitieux de contenter que sur les 300 pages l’histoire du Pallet fût décrite minutieusement. L’information historique est lacunaire et présente des variables et des inconnues si bien qu’il est difficile de satisfaire toutes les exigences souhaitables de qualité. Une étude archéologique (fouilles) aurait permis de conforter les résultats de ce travail. A ce jour elle se fait attendre.
 
Je me suis employé à rassembler par ordre chronologique les tenants et les aboutissants historiques qui concernent toute la région environnante de façon, dans un deuxième temps, à reconstruire l’histoire proprement dite du Pallet. Cela ressemble à une mosaïque dont une partie est perdue. Il a fallu compenser les lacunes béantes entre les parties originales par un remplissage en se basant sur les indications ou les conclusions de l’histoire régionale. Le purisme historique qui ne retient que ce qui peut être vérifié de façon inattaquable, avec un nom et une date, avec la preuve du pour et du contre, n’a pas sa place ici. Le projet alors n’aurait pu aboutir. « Il faut faire des hypothèses ». Ces mots encourageants de l’historien local M. Kervarec, avec lequel nous avons eu à son domicile une conversation amicale, ont été pour moi la ferme confirmation de l’orientation que j’avais prise. Il est possible à la fin d’obtenir une image historique qui dans certaines de ses parties est seulement « virtuelle », mais qui au bout du compte permet d’atteindre la réalité.
 
Beaucoup d’événements, difficiles à comprendre quand on les regarde isolément, peuvent être reliés par un fil rouge qui fait apparaître un ordre et un enchaînement totalement plausible. Cette recherche nous a réservé aussi des surprises. En définitive, j’étais convaincu qu’il allait falloir réécrire certains points de l’histoire régionale et de l’histoire de ses monuments.
 
Résumons :

Les informations que nous possédons sur la première maison des seigneurs du Pallet sont effectivement fragmentaires. Cependant on peut constater que leurs attitudes et leurs principes d’action ont été les suivants :
 
Bien que la maison du Pallet apparaisse engagée dans la politique, son rayon d’action est néanmoins particulièrement limité. Dans les grandes affaires de la Bretagne comme dans celles de l’Anjou les seigneurs du Pallet sont peu présents. On les cherche en vain dans les annales et les grands contrats de l’époque. Dans les quelques documents où ils sont mentionnés, leur intervention est formelle et impersonnelle. En qualité de « bretons gallos » installés autrefois dans le sud Loire par les angevins, ils portaient une réputation de faible fiabilité. En revanche, ils apparaissaient aux « bretons bretonnants » du nord de la Loire comme des sympathisants secrets de l’Anjou. Aux angevins de la génération d’après Geoffroy Grisegonelle, ils étaient suspects comme étant des Bretons d’origine, aux voisins poitevins du sud ils représentaient à la fois l’Anjou et la Bretagne.
 
C’est sans doute à partir de 1040, ou peut-être même avant, qu’ils se sont efforcés à la loyauté à l’égard du comte de Nantes et plus tard à l’égard du duc de Bretagne. Leur ambiguïté politique les a conduits souvent à l’immobilisme. Par surcroît les coalitions qu’ils choisissaient se sont avérées peu bénéfiques pour le développement de leur pouvoir. Ainsi, aucun seigneur du Pallet, bien que possédant à son époque le plus grand donjon de l’ouest, n’a jamais atteint le sommet d’une carrière politique ni en Bretagne, ni en Anjou.
 
Toutefois pendant tout ce temps la région du Pallet semble avoir été épargnée par d’éventuelles grandes catastrophes naturelles comme également par des opérations de guerre. Sur les coteaux de la Sèvre les sols étaient fertiles et la collaboration avec les moines de Vertou apportaient une amélioration économique grâce à la viticulture. La production de vin rendait le pays attractif pour les investisseurs. Aujourd’hui encore cette région a conservé sa renommée.
 
L’inventaire des biens fonciers de la première maison du Pallet est assez compliqué. La majeure partie de cette propriété foncière était située à l’intérieur de l’Anjou, tandis que dans la région nantaise elle ne couvrait que quelques kilomètres carrés autour de l’oppidum (la place forte).Dans le sud, on se heurtait immédiatement au pouvoir des seigneurs de Clisson avec lesquels il fallait composer. An nord ouest, on rencontrait vite les possessions du monastère de Vertou. La Haye-Fouassière constituait la frontière verte. Á l’intérieur même de la châtellenie du Pallet, les moines de Vertou, sur la base de vieux contrats féodaux possédaient certains actifs immobiliers.
 
Sur la façon dont purent se développer les rapports entre la famille des seigneurs du Pallet et la population locale anciennement implantée, nous n’avons presque aucun renseignement. Si l’on essaie de lire entre les lignes cette histoire, on ne peut se défendre d’une impression qui semble s’imposer : Les premiers seigneurs du Pallet se caractérisaient par une étrange ambiguïté. Ils étaient probablement actifs, assidus au travail, profondément croyants. Mais ils étaient aussi vifs et opiniâtres parfois enfin obstinés comme les prédisposait à être leur « destin particulier ». Plus ils se sentaient isolés en raison de leur position géographique excentrée mais aussi de leur origine familiale bretonne, plus ils étaient fiers de leurs ancêtres et de la grandeur de leur passé. La frustration due à une situation politique très souvent non satisfaisante, s’est transformée en une haute estime de l’indépendance. Cette aspiration à la liberté séduisait leur capacité d’action mais il leur arrivait de se perdre dans des utopies politiques ou de nouer des alliances douteuses. Daniel du Pallet a persévéré dans son non-conformisme au point de se joindre à une révolte douteuse et de s’adonner au pillage d’un village angevin. Il ne faut donc pas s’étonner que de fréquents revers aient apporté aux gens du Pallet une certaine méfiance à l’égard des promesses illusoires, une aversion profonde envers toute hégémonie extérieure (de loin ?) (traduction douteuse), une revendication de leurs droits. Parfois dans certains cas isolés, ces revers ont pu conduire à des sentiments de revanche et de mauvaise vengeance. Toutefois leurs convictions religieuses ne leur permettaient pas de persévérer dans l’injustice. Ainsi ce même Daniel qui dans sa jeunesse avait tellement suivi ses passions devenait dans l’âge mûr un donateur et un bienfaiteur de couvents.
 
Nous n’aurions pas cherché à extrapoler tous ces traits caractéristiques des seigneurs du Pallet si  nous ne les avions pas aussi rencontrés dans la personnalité extraordinaire de Pierre Abélard dont nous savons qu’il est apparenté à la famille du Pallet. En son temps il a été beaucoup admiré comme philosophe pour ses idées géniales et sa liberté intellectuelle, il a été aussi beaucoup haï pour son esprit belliqueux et son non-conformisme. Ce fut un bonheur pour lui, au cours de sa jeunesse, longue période de repos et de paix intérieure au Pallet, de pouvoir adopter les attitudes qui furent celles de ses ancêtres (traduction douteuse). Les impressions indélébiles laissées par son enfance au Pallet l’ont conduit à écrire les mots cités au début de cet ouvrage :

S’il est vrai que je dois naturellement à ma terre natale comme à mes ancêtres d’avoir fait preuve d’un caractère vif.

Un autre objectif de ce travail était précisément d’expliquer clairement ce qu’Abélard avait voulu dire dans cette phrase.
 

Chronologie du Pallet, nouvellement mise à jour

[Livre électronique page 341 à 351] 
 
Paléolithique On a découvert sur les coteaux de la Sèvre (au Pé-de-Vignard et au Pé-de-Sèvre) ainsi qu’à la Haie-Pallet des pièces qui prouvent que la région du Pallet était occupée au Magdalénien (pointes de flèches et silex taillés).
Époque gallo-romaine 58 av. J.C. jusqu'au Ve siècle après J.C. Fondation de la cité de « Condevicnum » (Nantes) et de « Ratiatum » (Rezé) de chaque côté du cours inférieur de la Loire. Des vestiges gallo-romains au Pallet sont mentionnés de façon anecdotique sans être réellement garantis. Une « villa » romaine ? Á la fin du Ve siècle les barbares « Taifali » (Tiffauge) s’installent sur le cours supérieur de la Sèvre.

Royaume des Wisigoths 416 - 507

Palais wisigothique dans la région du Pallet d’où le nom propre de Palatium pour ce lieu. (bâtiment important des Wisigoths ou siège de l’évêque).
Avant 506/507 Le Pallet devient probablement le siège d’un évêque suffragant du siège de Poitiers : Petrus episcopus de Palatio.
506 Petrus episcopus de Palatio signe avec 31 évêques (ou leurs suppléants) le document final du concile wisigothique d’Agde.
507 Défaite et mort d’Alaric II à Vouillé. Fin de l’empire wisigothique et de la présence des Wisigoths dans la région du Pallet.
507 à 751 Règne des Mérovingiens.
Entre 507 et 582 Destruction du « Palatium » (palais) de la région du Pallet ?
549 à 582 Saint Félix, 16e évêque de Nantes.
550 à 575 Mission de saint Martin de Vertou dans la région nantaise, au sud de la Loire. Élimination de la dernière influence wisigothique et établissement d’un catholicisme orthodoxe caractéristique de la période mérovingienne où ce catholicisme est religion de l’empire. Chute de la ville de Ratiatum (Rezé). Le Pallet devient (au plus tôt à partir de ces dates) dépendant de l’évêque de Nantes.
575 Fondation du monastère de Vertou.
24 octobre 601 Mort de saint Martin de Vertou.
À partir du Ve siècle Vagues successives d’immigration de tribus brito-celtiques de la Grande Bretagne vers le nord de la Bretagne continentale.
751 à 987 Règne des Carolingiens.
À partir de 610 Domination des Carolingiens à Nantes : comte Theudoald de Nantes.
778 à 830 Fondation des comtés bretons sous Charlemagne : Nantes, Rennes, Angers et Avranches, plus tard aussi Vannes et Redon.
841 à 844 Lutte pour la Bretagne entre Nominoé et les Francs. Le comte Renaud de Poitiers représente les Francs à Nantes.
843 Trahison de Lambert de Nantes. Alliance avec Nominoé. Mort de Renaud de Poitiers. Lambert se proclame comte de Nantes.
Juin 843 Première attaque des Vikings sur Nantes. Meurtre du haut clergé (saint Gohard), destruction de la cathédrale. Destruction en 847 du monastère de St-Philbert, les moines s’enfuient à Tournus. Les Normands s’installent dans l’Ile de Biesse. Destruction des places fortes au sud de Nantes. Le Pallet fait-il partie de ces destructions ?
843 Départ des moines du monastère de Vertou vers Ension (ancien nom de St-Jouin). Ils rejoignent ensuite Saint-Jouin-de-Marnes.
845 Invasion de Nominoé dans le sud Loire. Victoire de Nominoé et défaite des Francs à la bataille de Ballon.
Après 834 Rainer, neveu de Lambert, reprend le pays des Mauges.
846 Lambert est chassé de Nantes.
851 Erispoé roi de Bretagne. C’est au plus tard à partir de cette date que Le Pallet devient dépendant de l’évêque de Nantes.
857 Salomon roi de Bretagne.
886 Deuxième attaque des Vikings sur Nantes. Si la dévastation du sud Loire se renouvelle, Le Pallet est peut-être concerné.
888 à 907 Alain Ier le Grand duc de Bretagne.
897 - 912 Reconstruction de Nantes sous l’épiscopat de Foucher. Restauration partielle de la cathédrale.
Entre 897 et 903 Transfert de l’abbaye Saint-Serge et Saint-Bach près d’Angers à l’évêque Rainon d’Angers.
Vers 905 Construction sur la colline du Pallet de la première fortification (Probablement construction en bois avec clôture et palissade).
907 à 919 Foulques Ier le Roux est comte de Nantes par mariage dans la famille de Widoniens.
919 Vague d’attaque des Vikings danois et norvégiens sur Nantes et aussi sur d’autres régions.
Vers 930 Foulques Ier le Roux succède à son père Ingelbert et devient vicomte d’Angers.
Vers 933 Attaque en cascade des Vikings sur les villes de Nantes, Angers et Orléans. La forteresse bois du Pallet, construite autour de 905, est maintenant pillée.
À partir de 936 Alain II Barbe-Torte reconquiert la Bretagne. Il reprend Nantes aux Normands (937).
Après 937 Confiscation des possessions de l’évêque de Nantes par Alain Barbe-Torte et distribution à ses vassaux. L’oppidum du Pallet détruit par les Vikings en fait peut-être partie.
942 Alliance du duc Alain Barbe-Torte avec Guillaume Tête d’Étoupe de Poitiers : acquisition des pagi = pays d’Herbauge, de Tiffauge et des Mauges.
À partir de 945 Le comte Thibaud Ier de Blois, Chartre et Tours, appelé le Tricheur, après le mariage de sa sœur avec le duc, reconnaît comme suzerain Alain Barbe-Torte.
952 Mort d’Alain Barbe-Torte.
952 à 960 Le comté nantais revient à Foulques II le Bon, comte d’Angers par son mariage avec la veuve d’Alain Barbe-Torte, sœur de Thibaud le Tricheur.
Vers 960 Attaque générale des Normands et nouvelle attaque sur Nantes. Geoffroi Ier Grisegonelle devient comte d’Anjou.
Vers 971 Le comte Conan Ier le Tort de Rennes se marie avec la fille de Geoffroi Grisegonelle. Le grand-allodier Renaud de Thorigné en qualité de vicomte d’Angers devient le familier de Geoffroi Grisegonelle.
12 septembre 971 Renaud II, le fils du vicomte Renaud de Thorigné devient évêque d’Angers.
Entre janvier 970 et 977 Guerre du comte Hoël de Nantes contre le comte Conan Ier le Tort de Rennes : dévastation du rennais. Par la suite le comte Geoffroi Grisegonelle encourage des familles rennaises à venir s’implanter dans les Mauges. Création des forteresses du Petit-Montrevault et de Beaupréau.
Janvier 977 Mort du comte Thibaud Ier le Tricheur. Son fils Odon Ier lui succède dans sa charge.
Vers 978 Le comte Geoffroi Grisegonelle se marie à une femme de la noblesse de Chalon-sur-Saône. Rupture des bonnes relations entre les maisons de Blois et d’Anjou.
979 Hoël est tué. Son fils Guerec lui succède comme comte de Nantes.
982 Première bataille de Conquereuil. Le comte Geoffroi Grisegonelle et le comte Guerec de Nantes triomphent du comte de Rennes Conan Ier le Tort. Mais Guerec de Nantes doit reconnaître le comte angevin comme son suzerain.
982 ou 983 Confirmation du contrat entre Guillaume Tête d’Étoupe et Alain Barbe-Torte. Le comte Guillaume Fierebrace de Poitiers confirme la transmission des districts ?? de l’Herbauge, de Tiffauge et des Mauges au comte de Nantes.
983 - 984 Le comte Geoffroi Grisegonelle dénonce son allégeance à Lothaire IV et reconnaît Huges Capet comme son suzerain.
983 - 984 Le comte Geoffroi Grisegonelle pousse ses troupes jusqu’à la Sèvre et engage sur l’oppidum du Pallet la construction d’un nouveau donjon de grande taille. Renaud de Thorigné, vice-comte d’Angers a sans doute participé à cette fondation en qualité de prevôt du monastère de Saint-Jouin-de-Marne. Il donne quelques biens immobiliers pour conforter cette fondation. Il veille aussi à la fondation du prieuré Saint-Etienne.
984 Le comte Guerec est inquiet sur ce qui se passe dans le sud du comté nantais. Il recherche à s’opposer à l’Anjou (construction de la forteresse d’Ancenis). Négociation avec la cour de Lothaire IV.
984 Quand le comte de Nantes revient de la cour de Lothaire IV, il est arrêté par les guetteurs de Geoffroi Grisegonelle. Geoffroi Grisegonelle exige la possession de la ville de Nantes et toutes les autres possessions de Foulques Ier le Roux.
Vers 985 Le comte Guerec de Nantes est libéré. Il fait arrêter à son tour temporairement Renaud de Thorigné, vicomte d’Angers. Il négocie avec celui-ci un accord concernant les droits de chasse dans les Mauges.
Vers 985 Renaud de Thorigné et Geoffroi Grisegonelle entreprennent la reconstruction du monastère de Vertou.
Avant 987 Prestation « de foi et hommage »  du premier titulaire (qui nous est inconnu) de la maison du Pallet avec pouvoir de seigneurie en ce lieu.
1er juin 987 Huges Capet est proclamé à Noyon roi de France.
21 juillet 987 Mort de Geoffroi Grisegonelle. Son fils Foulques Nerra lui succède dans sa charge.
Entre 987 et 988 Le vicomte Renaud de Thorigné refuse de soutenir Foulques Nerra. Il se rapproche du comte Guerec de Nantes. Il obtient de celui-ci l’autorisation de construire un château sur l’oppidum de Champtoceaux.
988 Mort du comte Guerec.
990 à 992 Le comte de Rennes Conan Ier le Tort profite de la vacance à Nantes pour prendre le pouvoir dans cette ville.
992 Lutte pour Nantes entre le comte Conan le Tort et Foulques Nerra.
27 juin 992 Deuxième bataille de Conquereuil. Les troupes de Rennes sont battues. Le comte Conan Ier le Tort meurt.
992 à 994 Foulques Nerra tient le comté de Nantes et désigne le vicomte Aimery III de Thouars comme gouverneur. Construction de l’oppidum et du donjon de Langeais.
994 Letald de Micy rédige à la demande de Renaud de Thorigné « la vie et les miracles de saint Martin de Vertou ». Le livre des miracles contient certaines indications et allusions sur Le Pallet.
994 Judicaël devient comte de Nantes. Le Vicomte Aimery III de Thouars rompt avec Foulques Nerra. Mort du vicomte Renaud de Thorigné.
995 Le comte Foulques Nerra ne s’engage pas plus loin que la Sèvre. Le Pallet ne semble plus jouer aucun rôle dans ses réflexions stratégiques.
1000 Le comte Judicaël de Nantes se détourne de Foulques Nerra et fait allégeance au comte Geoffroi-Bérenger de Rennes.
1003 L’évêque Renaud II d’Angers dénonce une convention de son père et lègue les possessions de sa famille dans les Mauges au chapitre de la cathédrale d’Angers et au couvent Saint-Serge et Saint-Bach.
1004 Budic devient comte de Nantes ; Gautier II l’un des anciens chevaliers de l’armée du comte de Rennes devient évêque de Nantes. Les deux hommes s’affrontent dans une longue guerre urbaine. Le Seigneur du Pallet, deuxième de sa dynastie, sympathise probablement avec l’évêque Gautier.
Avant 1005 Le comte Foulques Nerra occupe les possessions de son père au milieu les Mauges : le Petit-Montrevault et Beaupréau. Celles-ci sont tenues par des seigneurs venant du Rennais dont la fidélité est incertaine. Il y installe un organe de surveillance et de contrôle et fonde en plus le Grand-Montrevault qu’il confie à de hauts personnages de la maison de Vendôme.
12 juin 1005 L’évêque d’Angers, Renaud II, fils de Renaud de Thorigné meurt soudainement à Embrun en Provence.
13 juin 1006   Hubert, le fils du vicomte de Vendôme, devient évêque d’Angers et allié loyal de Foulques Nerra
1008 Mort du comte Geoffroi-Berenger de Rennes. L’évêque Gautier II de Nantes renonce à sa querelle avec le comte Budic et les deux hommes s’accordent.
Vers 1020 Le comte Budic de Nantes profite d’un voyage à Rome de l’évêque Gautier II pour le faire tomber et prendre le pouvoir à Nantes.
Entre 1020 et 1030 Le comte Budic de Nantes affronte à plusieurs reprises le comte Alain III de Rennes.
1026/1027 Foulques Nerra s’empare de la forteresse de Saumur qui était aux mains de Odon II de Blois. Il augmente ainsi, après des décennies d’absence politique dans l’Ouest, la pression sur le comté nantais.
1027 Foulques Nerra fait construire la forteresse (motte féodale) de Montfaucon contre Thouars.
Vers 1028 - 1029 Foulques Nerra fait la guerre contre Thouars. Cependant Giroie Ier de Beaupréau tombe.
Vers 1030 Le comte Budic de Nantes rompt ouvertement son alliance avec Foulques Nerra et forme soudain une coalition avec le comte Alain III de Rennes.
Vers 1033 Budic de Nantes attaque Saint-Florent-le-Vieil où Foulques Nerra et son fils Geoffroi Martel ont construit une fortification. Les troupes du comte de Rennes abandonnent le terrain.
 1037 - 1038 Mort du comte Budic de Nantes. Son fils lui succède dans sa charge.
21 juin 1040 Mort de Foulques Nerra. Son fils, Geoffroi Martel, lui succède.
2 mars 1047 Mort de l’évêque Hubert d’Angers.
1050 Mort du comte Mathias de Nantes. Conan II, comte de Rennes depuis 1040, lui succède dans sa charge.
1054 La maison de Cornouaille prend le pouvoir à Nantes. Hoël, fils de Alain Canhiart devient comte de Nantes.
1057 Geoffroi Martel conduit une guerre contre Nantes et évince temporairement Hoël de sa charge. Le troisième Seigneur du Pallet prend le parti des anti-angevins sous Hoël.
1059 Geoffroi Martel transmet la forteresse de Champtoceaux à son familier angevin Thibaud de Jarzé.
14 novembre 1060 Mort de Geoffroi Martel. Le pouvoir dans l’Anjou se partage entre ses deux neveux Geoffroi le Barbu et Foulques le Réchin.
À partir de 1063 Foulques le Normand du Petit-Montrevault se fâche avec le comte d’Anjou.
1066 Le comte Hoël se trouve à la tête des comtés de Cornouaille, Nantes, Vannes et Rennes. Ce dernier lui a été acquis par son mariage avec Hadvise, fille de Alain III de Rennes. Ainsi la Bretagne se trouve, au moins en principe, en grande partie réunie. Hoël prend la dignité de Duc.
1060 - 1067 Courte période de régence de Geoffroi le Barbu en Anjou.
À partir de 1065 Foulques Le Normand du Petit-Montrevault se rebelle ouvertement contre le comte Geoffroi Le Barbu et poursuit la séparation des Mauges occidentales de l’Anjou. Le quatrième seigneur du Pallet – Daniel de Palatio, qui est vassal du Petit-Montrevault - soutient probablement cette rébellion et envoie ses gens faire du pillage sur les terres de Beaupréau.
Vers 1066 Foulques Le Normand épouse une sœur de Hoël de Nantes et fait attaquer pendant la cérémonie du mariage le pays de Montjean-sur-Loire. Raoul V vicomte de Vendôme et le seigneur du Grand-Montrevault mettent en échec les troupes du Petit-Montrevault. Ils capturent les deux frères de Foulques le Normand. La révolte s’écroule d’elle-même, mais la famille de Foulques le Normand garde le Petit-Montrevault.
4 avril 1067 Putsch contre le comte Geoffroi le Barbu d’Angers.
Avril 1068 Son frère Foulques IV le Réchin reprend définitivement le pouvoir en Anjou. Geoffroi est emprisonné à Chinon et y reste 28 ans.
Vers 1076 Le comte Foulques IV d’Anjou s’allie avec le comte Hoël de Nantes contre les Normands au temps de Guillaume le Conquérant.
1078 Naissance au Pallet de Pierre Abélard, futur philosophe et théologien. Il est le fils aîné du chevalier Bérenger; sa mère se nomme Lucie.
Vers 1078 Hoël assiège la forteresse d’Ancenis. Le père d’Abélard, Bérenger, en qualité de gardien de château part peut-être en guerre devant Ancenis.
Entre 1075 et 1085 Le seigneur Daniel du Pallet met sa signature à côté de Giroie II de Beaupréau sur un document en faveur du couvent Saint-Serge et Saint-Bach. Il s’agit de terres qui viennent probablement de l’héritage de Renaud de Thorigné.
13 avril 1084 Mort du comte Hoël de Nantes, nominalement duc de Bretagne. Son fils Alain IV Fergent lui succède dans sa charge.
1084 - 1087 Famines en Bretagne.
1084 Daniel du Pallet signe à Nantes un document du duc Alain IV Fergent
1085 Mathias, frère de Alain Fergent, prend en charge le comté de Nantes.
À partir 1085 Pierre Abélard reçoit une éducation littéraire précoce à l’instigation de son Père.
Vers 1089 Alain IV Fergent nominalement duc de Bretagne devient en fait duc de la Bretagne réunifiée.
1093 Alain IV Fergent se marie avec Ermengarde fille de Foulques IV le Réchin. L’écolâtre Marbode d’Angers devient, par l’entremise d’Ermengarde, évêque de Rennes.
Novembre 1095 Le pape Urbain II réunit le concile de Clermont et appelle à la croisade.
Vers 1095 Pierre Abélard quitte son village natal et devient un étudiant itinérant à Angers, Tours et Loches
1096 La duchesse Ermengarde d’Anjou accouche d’un garçon qui reçoit le nom de Conan. Le duc Alain IV se croise et part pour la terre sainte.
1096 Concile de Nantes. Daniel du Pallet fait don à Bernard de Marmoutiers de ses droits de péage sur les bateaux à Champtoceaux.
Avant 1100 Daniel du Pallet contresigne le don d’un certain Hamo.
Peu après 1100 Mort de Daniel du Pallet.
1101 Robert d’Arbrissel et Hersende de Champagne fonde le monastère de Fontevrault.
Vers 1102 Le chevalier Bérenger de Aula entre comme moine pour se soigner au couvent Saint-Serge et Saint-Bach d’Angers. Il meurt peu après. Il s’agit probablement du chevalier, père d’Abélard.
1103 Le comte Mathias de Nantes meurt de mort violente, peut-être des suites d’une émasculation pour avoir empiété sur les possessions des chanoines de Nantes. Alain IV Fergent prend personnellement le titre de comte de Nantes.
1105 Nouveau concile de Nantes.
Avant le 19 mai 1106 Foulques le Normand du Petit-Montrevault ainsi que le seigneur de Candé se révoltent contre la maison d’Anjou. Pendant le siège de Candé, Geoffroi Martel-le-Jeune, successeur désigné du comte d’Anjou, reçoit une flèche empoisonnée et meurt.
1107 L’abbé Baudry de Bourgueil devient évêque de Dol.
Entre 1105 et 1108 Pour des raisons de santé, le jeune maître Pierre Abélard revient au Pallet et s’y repose plusieurs années.
Après le 29 juillet 1108 A l’occasion d’un voyage diplomatique à Nantes, Hersende de Champagne, première prieure de Fontevrault, acquiert des droits sur un terrain à la Chaussaire à la frontière de la châtellenie du Pallet. Elle fonde le prieuré de la Regrippière.
14 avril 1109 Mort du comte Foulques IV le Réchin d’Angers. Son fils Foulques V lui succède dans sa charge.
1112 Alain IV Fergent se retire du pouvoir et devient moine à Redon. Son fils Conan III (16 ans) lui succède au moins en titre. En fait, au cours des années suivantes, la Bretagne est gouvernée par sa mère Ermengarde.
1112/1113 Pierre Abélard revient au Pallet pour régler des affaires patrimoniales familiales avant que sa mère Lucie n’entre au monastère. Pour le salut de son âme, Lucie entre comme moniale dans un couvent de son pays natal, probablement le prieuré de la Regrippière.
Vers 1115 Le frère André de Fontevraud fonde dans l’ouest des Mauges une colonie d’ermites au Lac-Roger (La Chaussaire).
1117/1118 Héloïse, l’amante de Pierre Abélard, accouche au Pallet d’un garçon qu’elle appelle Astrolabe. Après l’accouchement Pierre Abélard vient chercher Héloïse au Pallet pour la conduire à Paris. Astrolabe reste au Pallet à la garde de Denise sœur d’Abélard.
13 octobre 1119 Mort du duc Alain IV Fergent.
Entre 1110 et 1130 Le seigneur Hervé du Pallet signe un document en faveur du couvent Saint-Serge et Saint-Bach d’Angers.
Vers 1124 Il est probable qu’entre le duc Conan III et l’abbé Suger de Saint-Denis se noue une négociation pour qu’Abélard puisse quitter Saint-Denis.
1127 Pierre Abélard devient abbé de Saint-Gildas de Rhuys en Bretagne.
1er mars 1128 Abélard signe un document du duc en faveur du couvent du Ronceray d’Angers concernant l’église Saints-Cyr-et-Julitte de Nantes.
Peu  avant 1130 La justice du comte de Nantes règle un conflit entre d’une part les preneurs à bail de la région du Pallet et d’autre part le monastère de Vertou. Il s’agit du paiement de l’impôt sur les récoltes de vin pour des vignes nouvellement plantées. C’est le début de la viticulture professionnelle en Sèvre et Maine.
1133 Abélard fait une visite au comte Conan III qui est malade. A cette occasion, il est victime d’une tentative d’empoisonnement. Il loge dans la maison de son frère Porchaire.
Entre 1133 et 1150 Astrolabe, fils d’Abélard reçoit une prébende à la cathédrale de Nantes.
17 juin 1136 À l’instigation de Bernard de Clairvaux, Conan III et sa mère Ermengarde reforment le monastère de Buzay selon un modèle cistercien sur le cours inférieur de la Loire.
1138 Main du Pallet signe comme témoin un contrat entre l’abbaye Saint-Serge et Saint-Bach d’Angers et les religieuses de Saint-Sulpice-la-Forêt près de Rennes. Cet acte concerne la fondation d’un prieuré à Beaupréau.
1141/1142 Geoffroi Plantagenêt assiège la forteresse de Champtoceaux.
17 septembre 1148 Mort du Duc Conan III. Juste avant sa mort, il déshérite son fils Hoël et déclenche ainsi une lourde crise de succession en Bretagne et dans le comté nantais.
16 décembre 1154 Bataille de Rezé entre Eudes de Porhoêt et Hoël de Nantes pour la suprématie à Nantes. Le seigneur du Pallet et ses hommes combattent probablement du côté de Hoël.
1157 Mort d’Ermengarde d’Anjou, duchesse de Bretagne, après une vie remplie des rumeurs de la terre sainte.
Avant 1158 Geoffroi Plantagenêt, frère de Henri Plantagenêt devient comte de Nantes.
26 juillet 1158 Mort soudaine de Geoffroi Plantagenêt, peut-être de mort violente.
1158 Astrolabe, fils d’Abélard, chanoine de Nantes doit quitter Nantes pour des raisons mystérieuses. Il rentre probablement dans l’ordre des cisterciens, d’abord à Cherlieu puis à Hauteville en Suisse où il devient même abbé. Juste avant, il était probablement associé au complot contre les Plantagenêts.
1172 Maurice de Craon, sénéchal d’Henri II d’Anjou (Plantagenêt) assiège et détruit la forteresse de Champtoceaux.
1181 Geoffroi Plantagenêt, fils de Henri II, devient duc de Bretagne.
1186 Geoffroi Plantagenêt publie « Assise du comte Geoffroy » qui règle pour la première fois la transmission des fiefs, et fait cesser leur morcellement. Geoffroi meurt peu après.
1203 Arthur Ier le Posthume, fils de la duchesse Constance est assassiné. Guy de Thouars est choisi comme régent de Bretagne.
1206 Le roi de France Philippe Auguste prend Champtoceaux et Nantes et dépose temporairement Guy de Thouars.
Décembre 1213 Alix de Bretagne, fille de Constance et de Guy de Thouars épouse Pierre Ier de Dreux Mauclerc par l’entremise du roi de France.
Entre 1150 et 1224 La première maison du Pallet s’éteint de manière irréversible.
1206 à 1224 Thibaud II de Champtoceaux s’oppose au pouvoir étranger du capétien. Il s’adonne à une activité de brigandage sur le fleuve de la Loire.
Entre 1199 et 1224 Gaudin le Guerrier, Seigneur de Tillières en Anjou et le voleur de fief Thibaud II de Champtoceaux fondent au Pallet le Plessis-Guerry.
21 septembre 1224 Thibaud II de Champtoceaux abandonne la forteresse de Champtoceaux après avoir subi un long siège du duc Pierre de Dreux. Il s’enfuit en Angleterre et ses possessions sont confisquées. Au plus tard à partir de cette date la châtellenie du Pallet tombe dans les mains de la maison ducale.
Vers 1226 Réorganisation des fiefs dans le pays nantais, entre autres Rezé et Le Pallet. Constitution ensuite de plus petits domaines, par exemple la seigneurie du Pallets en Rezé.
1226 Brient Maillart administre les fiefs comme sénéchal du duc de Bretagne : en fait partie la seigneurie du Pallet.
À partir de 1226 Fondation au Pallet d’une filiale d’un ordre hospitalier  pour les soins des malades de la région. (Saint-Jean)
1236 Yolande de Dreux, la fille de Pierre de Dreux épouse Hugo Le Brun, 11e seigneur de Lusignan, comte de la Marche et Angoulême. Elle reçoit entre autres la châtellenie du Pallet comme cadeau de bienvenue.
1237 Pierre de Dreux démissionne.
Juillet 1245 Hugo Le Brun, seigneur du Pallet reçoit des droits (de péage ?) sur le barrage de Vertou.
Juillet 1247 Yolande de Dreux et Hugo Le Brun signent au Pallet un document en faveur du monastère de Marmoutiers.
12 octobre 1272 Yolande de Dreux meurt 22 ans après son mari. Leur fils commun, Guy d’Espeau leur succède comme seigneur du Pallet.
Après 1290 La châtellenie du Pallet décline de plus en plus sous Guy d’Espeau.
Vers 1300 La châtellenie du Pallet échoit à la famille angevine des Souvain. Elle est probablement vendue ou rétrocédée à cette famille. Actuellement, je ne suis plus sûr sur ce sujet. Les Souvain étaient possiblement une branche cadette (assez éloignée) de la première maison du Pallet.
17 novembre 1315 Raoul Souvain reçoit des « États de Vannes » le droit de changer le bail en rachat pour la seigneurie du Pallet.
1362 Le Pallet devient temporairement territoire anglais dans le cadre des débats entre anglais et français.
1416 La châtellenie du Pallet échoit par mariage à la famille Amenart.
Février 1420 Le duc Jean V est fait prisonnier devant Champtoceaux par Marguerite de Clisson et ses fils. Il est ensuite maintenu en détention dans des lieux qui changent.
À partir de la deuxième moitié de février 1420 Les troupes de mercenaires des Penthièvre dévastent le pays nantais et occupent très probablement le château du Pallet
Du 8 ou du 10 mai au 5 juillet 1420 Siège du château de Champtoceaux par les troupes fidèles au duc.
4 juillet 1420 Après la libération du duc, Marguerite de Clisson sort libre du château et, reçoit une escorte pour gagner avec ses fils le château de Clisson.
6 août 1420 Olivier et Charles, les fils de Marguerite de Clisson, reçoivent l’ordre de comparaître devant les « États de Vannes ». Ils refusent de s’y rendre.
Septembre 1420 Une armée bretonne se met en mouvement pour assiéger Clisson. Elle détruit au passage le donjon du Pallet qui est probablement encore tenu par les troupes de Marguerite de Clisson.
De 1420 à 1497 La châtellenie du Pallet reste la possession de la famille Amenart.
1497 La châtellenie du Pallet échoit par mariage à la famille de Goulaine.
1658 Jacques  Barrin de la Galissonière vient d’acquérir la châtellenie du Pallet l’intègre dans le marquisat de la Galissonière.
1789/1799 L’histoire de la châtellenie du Pallet se termine avec la Révolution Française.

 


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